jeudi 22 octobre 2015

What about [...] L'ombre du vent - Le cimetière des livres oubliés - Tome 1 [...] Carlos Ruiz Zafon


L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon, Pocket, 668 pages


Résumé :


Si vous ne deviez lire qu'un seul ouvrage, lequel choisiriez-vous ? Bienvenue au Cimetière des Livres oubliés... 1945. Barcelone se réveille après neuf années de guerre. Dans une ruelle étroite, deux silhouettes émergent du petit jour. Un père, libraire, et son fils de 10 ans s'en vont sacrifier à un rituel centenaire. Bientôt, le Cimetière des Livres oubliés leur ouvrira ses portes. Parmi les fantômes et les rayonnages, le jeune Daniel choisira un volume, un seul. Ce sera L'Ombre du vent. Dès lors, la recherche de son auteur, Julián Carax, obsédera Daniel jusqu'à façonner le cours de son existence...


Mon avis :


Je viens de me prendre une claque monumentale. Déjà, j'ai pleuré trois fois en l'espace des 200 dernières pages et ça ne m'était pas arrivée depuis ... Des années ...

Ce roman appartient à une multitude de genres différents. Nous avons une partie historique relatant la guerre d'Espagne ( de 1936 à 1939 ). Nous assistons, nous lecteur impuissant, face à l'horreur du quotidien d'un peuple divisé. Nous avons aussi une partie du roman qui se rapproche plus de l'enquête avec de nombreux secrets dont le protagoniste doit réussir à démêler toutes les ficelles ; mais aussi une partie qui n'est pas sans rappeler l'angoisse propre au thriller avec des meurtres ou d'autres atrocités. Il y a également une partie fantastique qui place le livre et ses personnages au premier plan de cette histoire.

L'auteur a su me captiver car l'intrigue se dénoue lors des dernières pages de son oeuvre. N'ayez pas peur de trouver ce livre long car il vous inondera de mystères, de secrets à demi dévoilés, et de personnages tous plus intrigants les uns que les autres afin de maintenir le lecteur en haleine.

La plume de Carlos Ruiz Zafon convient parfaitement à ce roman multi-genre puisque bien que poétique, le vocabulaire est foisonnant et nous prouve la culture et le travail de recherche du mot juste effectué par l’écrivain. Si vous aimez autant les tournures de phrases, ou les choix de mots effectués par l'auteur, apprêtez-vous à vous régaler.

Bref, ce roman vous fera vivre une aventure à travers les yeux de Daniel Sempere, fils d'un librairie établi à Barcelone. Le père de ce dernier va l'emmener un beau matin au Cimetière des livres oubliés et lui permettre de choisir de son propre choix, un seul et unique livre. Daniel va porter son attention sur L'ombre du vent de Julian Carax. Il sera néanmoins bien loin de se douter de la course effrénée dans laquelle va le plonger l'acquisition de cet ouvrage. Carlos Ruiz Zafon mêle la quête de la vérité dans laquelle va se jeter corps et âmes Daniel à une quête bien plus personnelle concernant le souvenir du visage de sa mère décédée alors qu'il était très jeune.

Ce roman recèle de nombreuses subtilités. Il n'est pas question ici d'une histoire d'amour impossible, ou de parler de l'amour des livres durant l'enfance de Daniel, non j'ai trouvé que ce livre était bien plus profond que tout ça. Evidemment les événements du quotidien occupent une place importante dans cette histoire puisque nous allons suivre Daniel de 1945 à 1966 donc FORCEMENT il va s'en passer des choses. Mais ce roman nous montre plus précisément la fascination que va exercer Julian Carax, auteur secret de L'Ombre du vent, sur Daniel. L'auteur nous montre comment la lecture de ce livre va influencer la vie de Daniel, comment il va l'aider à grandir. Bref Zafon nous remémore l'impact que certains livres lus durant l'enfance peuvent exercer sur nous. Les personnages féminins sont placés à l'honneur dans ce roman. L'auteur nous montre comment l'absence d'une mère peut cruellement manquer dans une enfance (entre autre). Ainsi que tout ce qu'il peut découler de ce vide que l'absence a laissé.

Bien plus qu'un roman, ce livre est une ode aux livres. Je trouve qu'il matérialise avec brio l'impression que j'ai de vivre une aventure exceptionnelle au fil des mots de l'auteur, auprès de ses personnages. C'est exactement ce qu'il se passe ici, ce livre est une mise en abîme de ce que je ressens quand j'ouvre un nouveau bouquin. Ce garçonnet va découvrir un roman, et va se trouver embarqué dans une aventure effrénée qui se poursuivra durant de nombreuses années.

Dans ce roman, vous allez découvrir une myriade de personnages, tous plus différents les uns que les autres. Mais surtout ce qui rend cette lecture aussi exceptionnelle c'est la profondeur que l'auteur a réussi à insufler à ses personnages. Les personnages féminins occupent une place importante et influe sur la tournure que prenne les événements. Mais pour moi, le meilleur des personnages reste Fermin, l'ami ancien SDF de Daniel, fervant opposant au franquisme. J'ai littéralement détesté le policier Fumero, qui incarne en mon sens le paroxysme de la cruauté ou de la perversité.

En résumé vous l'aurez compris j'ai adoré adoré adoré cette lecture. Je vous la conseille vivement si vous aimez les lectures qui recèlent de petits trésors cachés entre les lignes !

lundi 12 octobre 2015

What about [...] Saules aveugles, femme endormie [...] Haruki Murakami

Haruki Murakami, Saules aveugles, femme endormie, 10/18, 550 p.

Résumé :


Jubilatoires, flamboyantes, hypnotiques, ces histoires courtes de Haruki Murakami nous plongent dans un univers délicieusement insolite et drôle, où d'une situation d'apparence anodine peuvent surgir à tout moment le fantastique et l'absurde.

Depuis un an, quand on la prend de court, Mizuki Ando est incapable de se souvenir de son nom. Elle se décide à consulter une psychiatre, loin de se douter qu'un singe cleptomane est à l'origine de son trouble...
Attiré par les deux millions de yens à la clé, un jeune homme se présente à un concours de pâtisserie. Mais qui peut bien se cacher derrière le jury de cette compétition nationale sous haute surveillance ?
La reine de beauté d'un lycée promet à son petit ami de faire l'amour avec lui après le mariage. Le temps passe, elle se marie... Avec un autre. Va-t-elle enfin tenir sa promesse ?
En 1971, un jeune homme cuisine sans relâche des spaghettis, qu'il mange seul et en silence. Quand, en décembre, le coup de fil d'une ancienne camarade de classe le sort de sa rêverie italienne...

Des petits contes de notre quotidien, transfigurés par la poésie, l'humour et la grâce de Haruki Murakami, un charme qui agit à chaque page, comme autant de feux d'artifices en plein jour.



Mon avis :


J'ai débuté cette lecture le jour même où je me suis envolée pour mon périple avec mon copain autour de la Thaïlande, du Cambodge et de l'Australie.

Je désirais entamer ce long voyage d'un an avec une lecture poétique. De plus, je trouve que lire un auteur Japonais, que j'adore, alors même que je me trouve en Asie, peut donner une dimension toute particulière à ma lecture.

Je ne me suis pas trompée puisque je peux d'ores et déjà donner un 20/20 à ce recueil de nouvelles que j'ai littéralement dévoré. Je l'ai trimballé partout. Dans le train, dans le bus, dans les diverses gares déjà visitées, ainsi que les guesthouse où j'ai logé. Et j'en passe. Cette lecture à suspendu le temps et le tumulte, propre à la Thaïlande, le temps de quelques heures.

Durant les 500 pages qui constitue le livre, Murakami nous fait voyager à travers une myriades de sentiments. Parfois, j'ai eu la même impression d'étrangeté que celle qui m'inonde alors que je m'éveille d'un songe. Ce sentiment où je n'ai pas l'impression d'appartenir au monde réel dans lequel j'évolue au quotidien, ni le sentiment d'appartenir à celui des songes dont je viens d'être extirpée.

Les événements qui surviennent dans certaines nouvelles me sont restés parfois assez vagues. Étranges. Pour moi l'auteur est un oniromancien de premier ordre. L'œuvre m'a parfois bien mise à mal, puisqu'il m'a fallu accepter de laisser derrière moi, ma volonté de vouloir toujours tout nommer avec exactitude. Il faut accepter, parfois, de terminer une nouvelle d'Haruki Murakami en sachant apprécier le sentiment que l'on ressent lorsqu'on s'éveille d'un songe. Ne pas chercher à toujours nommer tout ce qui survient au gré des pages.

Il est primordial de déguster la lecture de cet ouvrage. Il ne faut pas chercher à l'achever trop rapidement. Parfois, je me suis vue obligée de relire deux fois certaines nouvelles afin d'être certaine d'en saisir la portée. Il faut apprendre à accepter les non-dits de cette lecture et être prêt à accueillir le sentiment mystérieux qui peut planer par moment dans notre esprit, avec délectation, afin d'englober ce recueil de Murakami.

Ce qui constitue un indéniable point fort de l'ouvrage, de mon point de vue, est cette interprétation personnelle, propre au lecteur. Je pense que la force de Murakami est de nous proposer un texte qui peut nous amener à réfléchir. Puis, nous amener à une conclusion qui nous sera propre. Selon l'interprétation des choses que nous décidons de donner au sens du texte que nous lisons. Vous comprenez ?

Il y a également des nouvelles qui m'ont semblé beaucoup plus concrètes. Parfois, l'auteur emploie le pronom "je", qui, nous donne le sentiment qu'il se confie à nous concernant des événements marquants survenus dans sa vie. Je trouve que cela instaure une vrai proximité avec le lecteur.

Pour finir, je conseille vivement cette lecture à tous les amateurs de poésie, et accessoirement, d'auteurs asiatiques. Ils ont cette manière de nous raconter des évènements parfois anodins de la vie, avec une magie qui leur est propre. Néanmoins, je ne conseillerai pas d'entamer la découverte de l'auteur avec ce livre-ci. En revanche 1Q84 est une trilogie merveilleuse que je ne peux que vous recommander. 

lundi 28 septembre 2015

What about [...] La femme cachée [...] Sidonie-Gabrielle Colette


Colette, La femme cachée, éditions Folio, 192 pages

Résumé :


«Son mouvement libéra le mari inquiet, qui, rendu à une jalousie active et normale, recommença de penser et se leva sans précipitation pour suivre sa femme.
Elle est ici pour quelqu'un, avec quelqu'un. Dans moins d'une heure, je saurai tout.
Cent cagoules, violettes ou vertes, lui garantissaient qu'il ne serait ni remarqué, ni reconnu.»  
 

Mon avis :


Joli cadeau reçu pour mon anniversaire qui m'a permis de découvrir la plume de cette chère Colette à travers ce recueil de 22 nouvelles.

J'ai passé un agréable moment en la compagnie de cette illustre femme. Je ne suis pas une adepte de nouvelles puisque j'ai souvent tendance à trouver les histoires trop brèves. Mais là, ça a fonctionné. Colette nous dépeint le quotidien de divers protagonistes, pour la plupart personnages féminin.

Colette fut principalement connue pour sa saga autobiographique intitulée Claudine. Cette femme, surprenante pour son époque, entreprendra une carrière au Music-Hall. Cette expérience a clairement influencé certaines de ces œuvres comme La Vagabonde (que je veux VRAIMENT découvrir rapidement), ou L'envers du Music-Hall. Colette divorcera, deux fois, aura des liaisons avec des femmes, puis une liaison avec le fils de son second mari (qui l'inspirera pour certains de ses écrits tels que Le blé en herbe ou encore Chéri). Puis, Colette sera élue à l'unanimité à l'Académie Goncourt, dont elle deviendra présidente en 1949 (c'est une première à cette époque!).

Concernant le style d'écriture que j'ai pu observer dans cette œuvre ici évoquée, je l'ai trouvé très épuré mais intense. Son texte est poétique. Elle arrive à nous décrire des scènes simples, de la vie de tous les jours, de cette merveilleuse manière qui semble lui être propre et qui rend le texte bien plus profond qu'il semble y paraitre.

La femme cachée, première nouvelle de ce recueil, met en scène une femme surprise au bal par son mari, alors qu'elle ne devait pas s'y rendre. Cette femme séduit les hommes, danse, embrasse, avec légèreté. 
J'ai également beaucoup apprécié La Main, qui évoque une femme qui se réveille auprès de son nouveau mari, et qui prend peu à peu conscience de l'horreur de la main de ce dernier alors qu'aveuglé par le feu du premier amour, elle ne l'avait pas remarqué avant ce matin là.

La sensualité épanouie de la femme qu'est Colette transparait ouvertement à travers ces écrits.

En bref, la lecture de ces courts portraits se dégustent aussi rapidement qu'agréablement. Je suis ravie d'avoir pu découvrir la plume de l'auteur à travers ce court recueil car je me sens enfin prête à m'atteler à la lecture de ses nombreux autres écrits.


dimanche 27 septembre 2015

What about [...] Les talons hauts rapprochent les filles du ciel [...] Olivier Gay

Olivier Gay, Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, Éditions Le Masque,

Résumé :


John-Fitzgerald, surnommé Fitz par ses amis, est un parasite par excellence. Dragueur paresseux et noctambule, il partage sa vie entre les soirées parisiennes, son amour des jeux en réseau et la vente de coke à la petite semaine.

Ce héros improbable va se retrouver au cœur d'une enquête de plus en plus dangereuse, avec l'aide de ses conquêtes d'un soir et de ses amis toxicomanes. Grande gueule maladroite. incompétent notoire, séducteur au grand cœur, il semble bien mal armé pour affronter les basfonds parisiens. Mais tant qu'il y aura de l'alcool, la fête sera plus folle.


Mon avis :


En ce moment je suis assez fâchée avec les thrillers. Je suis devenue TELLEMENT difficile à satisfaire dans ce domaine, que j'ai totalement abandonné et je me suis résignée à stopper un peu. Et puis j'ai surpris ce livre-ci dont le titre a réussi à m’extorquer un petit sourire en coin. Je me suis fais la réflexion que ce livre saurait peut-être trouver le chemin de mon petit cœur puisqu'il a su piquer ma curiosité. Je m'en suis emparée, saisie d'un espoir nouveau, puis je l'ai retourné, fébrilement, pour découvrir ce que promet le résumé. Je ne l'ai pas reposé.

Je savais pertinemment qu'en lisant ce livre je n'allais pas être plongée en plein thriller à la Chattam, Grangé, Thilliez ou que sais-je. Mais finalement, c'est pile ce que je recherchais. Le polar ? C'est un genre littéraire que je survolais jusqu'à aujourd'hui puisque je trouvais les récits trop succins. Pas assez gore, plutôt. Mais les thrillers ne trouvant plus grâces à mes yeux ces derniers temps, j'ai ressenti l'envie de redécouvrir quelque chose de différent.

Et, je n'ai ps été déçue par la promesse faite aux lecteurs à travers le résumé de ce roman. Olivier Gay m'a franchement fait sourire du début à la fin du récit. J'ai été conquise par Fitz Dumont, son protagoniste. Cet espèce de Roméo des temps modernes. Ce loser diablement sexy doté d'un humour parfois douteux. Il passe sa vie à errer de boites de nuit en boites de nuit et survit grâce à son petit commerce illégal. Mais Fitz n'est pas que ça. Je l'ai vraiment perçu comme un type un peu paumé, qui n'a aucun point d'encrage présent dans sa vie. Je suis certaine qu'il s'épanouira et évoluera dans les prochains romans d'Olivier Gay (je l'espère surtout car sa personnalité me plait beaucoup).

J'ai également beaucoup aimé ses deux amis toxicos. Au début j'étais un peu gênée face à cette amitié qui semble fausse et intéressée. Mais finalement, au gré de notre lecture, on se rend compte que même si, de prime abord, les amis de Fitz sont clairement motivés à l'aider dans un soucis d'intérêt, ils nous surprennent et arrivent à nous prouver qu'ils ne sont pas que des toxicos.

Olivier Gay nous propose des personnages qui ne sont "pas que" ce qu'ils semblent être. Ça me plait ça.

L'intrigue, même si elle n'est pas haletante, dans le sens ou je pouvais refermer mon livre le soir et aller me coucher sereinement, a tout de même excité ma curiosité. Je n'ai même pas cherché à deviner la fin ou à trouver qui était le tueur. Je me suis vraiment laissée porter par ma lecture. Je n'ai pas cherché plus loin que ce qu'a à nous offrir Olivier Gay ici, et finalement c'est ce qui m'a plu.

Une brève immersion dans le monde, assez sombre, de la nuit. Alcool, drogue, sexe, violence. Ajouté à ceci, un protagoniste égaré dans la vie. Des amis motivés par intérêts. Des meurtres de femmes, sexy. Vous avez tous les éléments pour vous donner un aperçu, bien que sommaire, de ce que nous propose Olivier Gay.

Et enfin, le dernier point qui m'a plu, est que la crédibilité des péripéties qui surviennent dans la vie de notre anti-héros. Ce tourbillon angoissant pourrait arriver à n'importe lequel d'entre nous. Ça rend diablement vivante cette enquête. Je me demande vraiment si Olivier Gay s'est inspiré de son vécu au sein du monde de la nuit pour nous pondre ce super roman.

En résumé, j'ai passé un moment agréable. Ce premier tome m'a donné envie de découvrir la suite de la saga mettant de Fitz Dumont.

What about [...] Ce qui nous lie [...] Samantha Bailly


Samantha Bailly, Ce qui nous lie, Éditions Milady, 288 pages

Résumé :


Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu'elle a appris a dissimuler... et a utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire a retrouver une vie « normale », celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore.
Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l'open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de cours, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n'arrive pas a percevoir les liens...


Mon avis :


Ce roman est une bouffée d'air pur. J'ai poursuivi ma découverte des écrivains en vogue avec Ce qui nous lie de Samantha Bailly.

Je l'ai littéralement dévoré en seulement deux jours puisqu'il se lit très facilement. La plume de l'auteur est agréable. Assez poétique. J'ai beaucoup aimé sa manière d'englober d'images, de métaphores et de jolis mots les sentiments qui inondent les pensées de l'héroïne, Alice. 

Je pense avoir eu la chance de découvrir l'auteur avec un lecture tombée à point nommé. C'est hallucinant à quel point certains romans arrivent à nous toucher à un tel point qu'une fois la lecture achevée, on se sent un peu mal à l'aise. Je me suis TELLEMENT reconnue dans le caractère d'Alice que j'en suis encore toute chose :) J'étais pourtant sceptique, moi et les romans Milady, ce n'est pas vraiment une histoire d'amour (haha). Mais j'ai tout de même voulu découvrir Samantha Bailly parce qu'elle a l'air tellement sympathique et attachante comme fille. J'avoue que j'étais très intriguée de voir ce que peut donner une écrivain, née en 1988 comme moi, qui forcément a grandi avec plus ou moins les mêmes références que moi. 

Et je n'ai pas été déçue. Loin de là. La ton de la narration qu'a donné Samantha Bailly à son récit est vraiment un des gros points fort du livre selon moi. Je n'ai aucun problème avec les phrases courtes. Hachées. Au contraire. Je trouve que ça insuffle un certain rythme de lecture. Et il est très intéressant de s'écouter lire quand le texte s'y prête. Mais, certaines autres phrases sont si poétiques, si joliment tournées, si concrètement imagées, qu'on ne peut que ressentir un million d'émotions en lisant cette histoire.

J'ai vraiment été happée par cette lecture. Alice est un personnage intéressant, qui va évoluer au fil du temps. Au début, on a plutôt affaire à une femme pleine de rancœur. On la comprend, on compatit même, parce que nous avons toutes déjà été victimes de mensonges. Je pense qu'à la place de l'héroïne, et bien j'aurai réagi de la même manière. Elle est blessée, et de cette blessure, il en découle une attitude négative. Et puis un beau jour, elle acquiert un don qui lui permet de voir les liens qui unissent certaines personnes entre elles. Mais s'en sert-elle vraiment de la meilleure manière qui soit ?

Finalement, ce que je retiens de cette lecture c'est qu'il ne faut pas baisser les bras. Il faut aller au bout de ses idées, avec courage, et ne jamais abandonner les choses en lesquelles nous croyons.

L'intrigue est sympathique. On se prend au jeu des tribulations des divers personnages. Même s'ils sont très franchement stéréotypés, ils sont agréables à fréquenter durant ces 288 pages.

J'ai trouvé la fin du roman parfaite. Il y avait que deux choix possibles et je pense que si Samantha Bailly avait fait un autre choix, ce livre ne m'aurait pas autant plu. Clairement, cette fin m'a boosté et m'a fait du bien. Ce livre est arrivé dans un bon moment de ma vie, où j'avais besoin de lectures qui me touchent mais qui ne soient pas trop compliquées à assimiler. 

lundi 21 septembre 2015

What about [...] Noire Lagune [...] Charlotte Bousquet

Charlotte Bousquet, Noire Lagune, GSE Poche, 318 pages.

 

Résumé :



Dans les brumes de décembre, les cloches de San Zanipolo chassent les âmes en peine. A l'aube du carnaval, la cité des Doges s'éveille sur des cris : tordu dans une affreuse posture, une salive noirâtre aux commissures des lèvres, le corps dans vie d'un imprimeur est découvert derrière un étal de marché. Ce n'est que le premier cadavre aux lèvres noircies, la peste est de retour en ville ! Peste... ou complot ? Seule Flora, une jeune courtisane, entrevoit la vérité. Mais qui la croira ? Veronica Franco, sa tutrice ? Galeazzo Foscarini, qu'elle aime sans espoir de retour ? Les jours passent, le fantôme de Dandolo, le doge sanguinaire, revient semer le trouble dans les esprits. Le mal se répand, apportant son lot de violences et d'injustices pour un cortège macabre. Et tandis que les Vénitiens, terrifiés, cherchent des boucs émissaires, les vrais coupables poursuivent leur oeuvre de mort. Risquant sa vie, Flora ne pourra compter que sur son sang-froid pour noyer dans les eaux sombres de la lagune les malédictions de Venise...


Mon avis :


J'ai passé un très bon moment lecture. La plume de Charlotte Bousquet est vraiment très agréable à lire. La résonance des mots dans ma tête au gré de l'avancement de ma lecture était mélodieuse. Le vocabulaire employé est recherché et appuie les connaissances que possède l'auteur sur cette époque historique.

A la fin du roman, Charlotte Bousquet récapitule certains éléments historiques importants pouvant aider à la compréhension de son roman. Un lexique avec le vocabulaire Italien qu'elle emploie, notamment pour la description des vêtements de ses protagonistes, est également mis à disposition du lecteur. Il y a également un récapitulatif des personnages clefs ayant vécus durant cette époque et qui sont évoqués tout au long du roman.
J'ai trouvé cette idée vraiment judicieuse puisque encore une fois ça permet de donner plusieurs niveaux de lecture. Il est possible de lire le roman et de s'y retrouver sans réfléchir à tous ces événements historiques, comme il est possible de pousser un peu plus loin la réflexion et les recherches afin d'en apprendre encore plus sur le contexte historique de la Venise de la fin des années 1500.

L'auteur nous parle des épidémies de Peste qui sévissent à Venise, des rescapés de la guerre de Lépante, ou bien de l'ordre de l'Inquisition. Charlotte Bousquet évoque aussi la place que tenait les courtisanes à cette époque bien particulière. Elle nous présente Veronica Franco qui appartenait à la catégorie des curtigiana onesta : femme de culture et de style, qui n'en faisait pas moins commerce de ses charmes. L'auteur a même procédé, elle-même, à la traduction de certain écrit de la Franco et nous en offre un extrait à la fin de son roman. Nous avons sous les yeux la Venise magique avec son carnaval, ses masques, mais aussi la Venise plus sombre, des ruelles humides où tout peut arriver.

L'intrigue de ce policier historique se déroule à Venise durant les années 1579. Un jour, alors que plusieurs corps porteurs des stigmates de la peste sont découverts, et par un habile concours de circonstance, Flora, jeune courtisane de quinze ans et pupille de Véronica Franco, se retrouve plongée en plein cœur de l'enquête. Ce récit mêle intrigue policière, meurtres, faits historiques, ainsi qu'une histoire d'amour (pas niaise, heureusement!). 

L'auteur change souvent de point de vue en fonction des nombreux personnages présent dans le roman ce qui insuffle une vraie dynamique au texte. On tourne les pages les unes après les autres afin de découvrir le véritable fondement de l'intrigue. Finalement, Charlotte Bousquet arrive à entrainer son lecteur dans la frénésie de cette ville aussi belle qu'inquiétante.

De plus, je pense que ce qui a attisé ma lecture est le lieu choisi où se s'établit l'intrigue. Venise, l'Italie. Un pays, une culture que j'aime énormément. Ayant déjà visité la Sérénissime, il était plus facile pour moi de visualiser le Grand Canal, le Pont Rialto, et j'en passe.

Je suis vraiment ravie de cette lecture et du ressenti à l'issue de cette lecture car malgré la richesse des faits historiques de l'époque, Charlotte Bousquet a vraiment réussi à plonger son lecteur dans une ambiance sombre, en plein cœur d'événements historique en condensant son roman puisqu'il ne comporte que 300 pages. 

jeudi 10 septembre 2015

What about [...] Qui es-tu Alaska ? [...] John Green

John Green, Qui es-tu Alaska ?, Gallimard, 362 pages

Résumé :


Miles Halter a seize ans et n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi, qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young. Qui es-tu Alaska? est LE roman de l'adolescence: les amitiés fortes, l'amour, la transgression, la soif de connaissance et la fondamentale quête de sens. La vie explose dans ce livre qui fait rire et fondre en larmes l'instant d'après et qu'on voudrait ne jamais finir. Le premier roman d'un jeune écrivain brillant, lauréat de nombreux prix littéraires aux États-Unis et traduit en dix langues.
 

Mon avis :


J'avoue, je découvre seulement maintenant cet auteur dont tout le monde parle ! Et j'ai mis une semaine pour lire 362 pages, ce qui est anormalement long pour moi. Après avoir vu "La face cachée de Margo" au cinéma, je me suis dis qu'il serait peut-être judicieux, de voir ce que l'auteur pouvait nous offrir sur papier.


Même si ma lecture m'a semblé trainante par moment, maintenant que je l'ai achevée, mon avis à radicalement changé. 

Déjà, ce récit est clairement le reflet de l'adolescence de l'auteur. Tout comme son personnage principal, Miles, John Green est né en Floride. Il a poursuivit ses études dans un pensionnat du même acabit que le Culver Creek du roman. Je trouve qu'une fois qu'on sait ça, la dimension de lecture n'est plus la même.

Ce qui m'a le plus touché, et, me laisse un peu tristoune à la fin de cette lecture, c'est la force des sentiments qui inondent nos protagonistes. John Green ici nous met face à un groupe d'adolescents, amis, qui vont, pour la première fois de leur vie devoir affronter, surmonter, et se remettre d'un drame. La vie quoi. Une profondeur émotionnelle et incontestable se dégage de cette lecture. Moi qui cherchait un roman pour me changer les idées en ce moment, à présent je me sens encore plus mal. Mais c'est beau et c'est bon d'avoir mal grace à une lecture.

L'auteur est fort pour nous dépeindre de vraies personnalités chez ses protagonistes. Il y en a pour tous les gouts. Alaska, la jeune fille charismatique et mystérieuse. L'adolescente sexy et libre, souffrant de maux qu'elle garde secrets. Miles, surnommé Le Gros, qui lui, est notre personnage principal, celui à travers lequel nous découvrons l'intrigue. Il est terriblement attachant parce qu'il est persuadé d'être un loser. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il est brillant et doté d'un humour renversant. Il n'a pas d'amis en Floride, et afin d'occuper intelligemment son temps se passionne pour les biographies. Plus précisément, les dernières paroles prononcées par des personnes célèbres (présidents, auteurs, etc). Lorsqu'il décide de quitter sa Floride natale pour le pensionnat de Culver Creek, il désire ardemment partir à la conquête de sa vie. Ca m'a bouleversé. Parce que, plus jeune, j'ai moi aussi ressenti ce besoin d'émancipation sans n'y avoir jamais cédé. Miles va littéralement se confier à nous tout au long du récit. Je me suis sentie tellement proche de lui que j'avais vraiment envie de le consoler et de lui dire que ça va aller, malgré tout, ça ira, parce qu'il le faudra bien.
C'est le seul personnage qui ne conserve pas sa part de mystère parmi tous ceux créés par l'auteur. Son meilleur ami, Le Colonel, est un personnage haut en couleur. Il apporte le grain de folie et de bonne humeur qui fait du bien. Il a une vie totalement atypique, et lorsqu'on en apprend un peu plus à son sujet, on ne peut que s'y attacher.

Je pense que ce livre est un livre à lire : par les adolescents et par les parents des adolescents, et tous les autres. Ce texte est intéressant parce qu'il ne sert pas aux lecteurs de l'adolescent cul cul la praline, rebelle, et j'en passe. Non, ici les personnages sont entiers, intelligents, brillants. Ils s'évertuent à vouloir mettre des mots sur ce qu'ils ressentent. Ils s'adonnent à des expériences afin de mieux ressentir les choses. Ils se découvrent et tentent de se construire. Avec leurs craintes, et leurs convictions. Ils sont tellement touchants que même si parfois l'intrigue a été, pour moi, un peu longuette, je ressors totalement conquise par Mr Green.

Je pense que cette lecture peut clairement apporter des réponses, ou aider, les adolescents qui se traversent cette période pas évidente, où ils ne sont plus des enfants, mais pas tout à fait des adultes.
 

Mon ressenti après cette lecture :