mercredi 4 novembre 2015

What about [...] Les mains sales [...] Jean Paul Sartre

Jean Paul Sartre, Les mains sales, Folio, 245 p.

Résumé :



" Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! A quoi cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c'est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j'ai les mains sales. Jusqu'aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. "



Mon avis :


Les mains sales de Jean-Paul Sartre est un pièce de théâtre en sept tableaux. Écrite à la fin de la seconde guerre mondiale, Jean Paul Sartre grand philosophe existentialiste, établit l'intrigue dans un pays fictif intitulé Illyrie (Europe de l'est). Hugo, le personnage principal, sort de prison, suite à l’assassinat de Hoederer, chef du parti prolétaire, et se rend chez Olga, sa protectrice, qui sera chargée d’examiner son cas politique et de juger s’il peut intégrer le parti populaire. La pièce va examiner les raisons qui ont poussé Hugo à tuer Hoederer.

Même si au début de ma lecture je me suis posée la question "Où suis-je?" je n'ai vraiment eu aucun mal, par la suite, à rentrer dans la pièce de théâtre. Le personnage d'Hugo est un personnage intéressant puisque Sartre arrive dès le début de son oeuvre à attiser notre curiosité. Il est si énigmatique, si secret, répondant aux questions d'Olga, sa protectrice, par d'autres questions qu'on finit par se demander, nous aussi, pourquoi a-t-il commis ce crime, lui qui n'a pourtant pas l'apparence d'un tueur ? Et, plus notre lecture progresse, plus on veut comprendre 'le pourquoi du comment'.

La relation qui va s'établir entre notre personnage principal et Hoederer va devenir vraiment forte puisque Hugo sera envoyé comme secrétaire à son service afin de pouvoir le tuer, le moment venu. J'ai vraiment apprécié le personnage d'Hoederer. Il m'est apparu comme un second père pour Hugo - qui déteste littéralement le sien. Leur discussion reflète l'existentialisme de Sartre. Le lecteur s'interroge : la politique doit-elle assurer le bien-être d’un maximum de personne, quitte, pour cela, à devoir se salir les mains ? 

La portée de cette oeuvre remise dans son contexte historique (sous l'occupation Allemande), pousse le spectateur a se demander s'il faut vraiment revendiquer ses actes, peu importe ce qu'ils ont coûté ? Tout n'est qu'éphémère, et principalement les idées politiques. Tout évolue constamment, et ce qu'on qualifie de traîtrise aujourd'hui, sera peut-être toléré demain. Hugo prône ses principes et dit lui même "aimer les hommes pour ce qu'ils pourront devenir" alors qu'Hoederer, lui, arrêtera de mentir à ceux qui l’entourent le jour où il ne leur portera plus d'intérêt. La confrontation de ces deux hommes, que la conception de la vie et que leurs idées opposent, nous pousse à nous questionner sur notre propre libre arbitre et sur nos comportements au sein de cette société divisée par les classes sociales.

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